5h maintenant, 5h que je l'attends. Tom n'a toujours pas frappé à la porte. Je m'inquiète , mes larmes ont du mal à ne pas couler. Que vais-je faire sans lui, si je ne sais même pas où il est partit. Je suis incapable de m'imaginer un jour de plus sans être à ses côtés. Ce n'est pas seulement parce que je l'aime, mais parce qu'il est mon frère. Mon frère...
La porte vient de claquer en bas, je m'empresse de sortir de ma chambre et dévale les escaliers à toute vitesse. Mon jumeau est là face à moi, il ne m'adresse aucun regard, comme je l'aurais pensé. Je ne supporte pas de me retrouver devant lui et de ne rien pouvoir faire, il attend sans doute que je lui saute au coup en m'excusant, pour l'amour que je lui porte et pour le geste absurde que j'ai pu faire. Mais je ne peux pas, j'assume et j'ai ma fierté, moi aussi. Tom vient de lever les yeux vers moi, ses yeux sont humides, il semble avoir pleuré. Mais pourquoi ? Pourquoi lui . Un son s'apprête à sortir de sa bouche, puis... rien. Je prend donc le dessus, gonfle ma poitrine prêt à parler, mais..
- Ne dis rien petit frère.
Tom s'approche de moi, lentement. Sa démarche me rend fou. Il semble avoir de la peine, du moins ses yeux humides m'en donnent l'impression. Je n'ai pas l'habitude de le voir ainsi, calme, sérieux et sûrement triste. Il s'approche avec ce regard de braise, il se trouve maintenant à quelque centimètre de moi .. Il est très proche, l'espace entre nos deux corps est extremement léger, bon signe ? ou non.
- Que fais-tu Tom .
Mais il ne répond rien. Son regard parcoure mon visage de haut en bas, ses yeux m'interrogent, je ne comprends pas. Que veut-il ? Que dois-je faire .
Tom pose un doigt sur ma bouche, comme pour me faire taire. Je peux sentir son souffle de là où je suis, il est si près de moi. L'envie folle d'embrasser sa peau me démange, mais si je le fais, alors je serais sûr de ne plus jamais me trouver si proche de lui. Je ne fais donc rien, jusqu'à ce qu'il s'empare de ma main droite et la dépose sur sa poitrine. Je peux sentir les battements de son c½ur s'accélérés légèrement, que veut-il me faire comprendre ?
- Est-ce que tu sent , Bill ?
Je répond un timide « oui », quand Tom s'empare de mon autre main et la pose violemment sur son entre-jambe. Mon souffle se coupe. Ma bouche se ferme pour ne pas laisser sortir un son. Mais cette fois le doigt déposé sur mes lèvres semble vouloir pénétrer à l'intérieur de ma bouche. Je l'ouvre alors sans réfléchir, et suce le bout de son doigt légèrement. Tom semble prendre du plaisir à ça, sa bouche est entre-ouverte et ses yeux me dévorent intensément. Qu'attends-tu de moi Tom ?
- Embrasse moi. Me dit-il comme s'il avait lu dans mes pensées.
Comme pour répondre à son désir, je ne le questionne pas et approche lentement mon visage du sien avec envie. D'abord, nos deux lèvres s'effleurent et se cherchent. Puis nos deux souffles se mêlent pour n'en former plus qu'un. C'est un baiser caressant qui devient presque morsure. Un baiser sans lequel on atteint ce qu'il y a de plus intime à l'autre. Sans aucune retenue, mon corps se plaque contre celui de Tom. Tout de suite, je ressent quelque chose de violent et de destructeur. Une attirance chargée de fascination et de crainte. Une brûlure intense, une merveilleuse douleur...
Puis, à ma plus grande surprise, c'est Tom qui m'attire à l'intérieur de la pièce voisine, et referme la porte sans cesser de m'embrasser. Je lui débarrasse de son manteau qui glisse sur le sol, tandis qu'il déboutonne ma chemise avant de l'envoyer valser sur l'une des lampe de chevet. Mes mains tremblent, des frissons se baladent dans mon dos... La sensation d'enfin revivre s'empare de moi. Il enlève ma veste et dans la précipitation un bouton craque et tombe par terre. Je l'embrasse dans le coup alors qu'il rejète la tête en arrière. Tom semble apprécier cet instant tout comme je l'apprécie. Je lui mordille les lèvres puis, dans le même mouvement, l'embrasse très doucement comme pour cicatriser la plaie. Je lève les bras pendant qu'il me retire le tee shirt qui jusqu'ici me tenait beaucoup trop chaud. Son regard me défit. Ce regard que j'aime tant, je le retrouve enfin. Il défait les boutons de mon jeans dans la précipitation, qui glisse le long de mes jambes. Je me serre contre lui dans l'unique objet de sentir mon c½ur contre le sien. Je donnerais tout ce que j'ai pour que cet instant ne s'arrête jamais.
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